SÉNAT
4 JUIN 2026
2. Réponses des ministres
aux questions écrites
interroge tant les Français et les Françaises concernés que leurs représentantes ou représentants. Elle contraste avec
la fermeté que la France sait afficher lorsqu’il s’agit de défendre les droits humains, la liberté de circulation ou la
protection de ses ressortissantes et ressortissants dans d’autres contextes internationaux. Ainsi, elle souhaite
connaître la position officielle du Gouvernement français vis-à-vis de la situation migratoire et sécuritaire aux
États-Unis et être informée des mesures concrètes mises en oeuvre afin d’assurer la protection, l’information et
l’accompagnement de ses ressortissantes et ressortissants, en particulier face aux risques liés aux contrôles
migratoires, aux violences policières et aux évolutions rapides et brutales des politiques fédérales. Elle souhaite que
le Gouvernement explicite les raisons de sa prudence diplomatique et de son relatif silence public. Elle souhaite
également obtenir des explications concernant les rappels à l’ordre émis par des postes diplomatiques à l’encontre
des élus consulaires manifestant une expression politique légitime dans un contexte d’inquiétude croissante.
Réponse. − Comme beaucoup de Français, certaines méthodes employées par l’agence fédérale Immigration and
Customs Enforcement (ICE), notamment à Minneapolis en janvier dernier, ont suscité notre préoccupation. Il
n’appartient toutefois pas au Gouvernement de commenter la mise en oeuvre par l’administration américaine de la
politique nationale en matière migratoire et sécuritaire, laquelle relève de l’exercice par les Etats-Unis de leur
souveraineté. Notre priorité va à la sécurité de nos ressortissants sur place. C’est pourquoi, dans le contexte de
Minneapolis, nous avons appelé nos concitoyens à la prudence dans leurs déplacements, à travers l’actualisation de
la fiche des Conseils aux voyageurs. Nous avons par ailleurs pris note de l’annonce le 4 février du retrait de près de
700 agents de l’immigration, lequel a contribué à une désescalade des tensions, ainsi que de l’annonce le 12 février
de la fin de l’opération au Minnesota, impliquant un nouveau retrait d’agents de l’immigration. Enfin, nous
restons attachés à ce que les conseillers des Français de l’étranger puissent s’exprimer librement dans le cadre de
leur mandat, sans créer cependant de confusion dans l’esprit du public étranger et des autorités locales. Tel est le
sens de l’article 28 du décret 2014-144, rappelé dans la Charte des élus, qui précise qu’un un représentant élu des
Français de l’étranger doit s’abstenir, « dans l’exercice de [son] mandat comme dans [sa] communication publique,
de s’immiscer dans la conduite des relations extérieures de la France et de créer dans l’esprit du public ou des
autorités de l’Etat de résidence une confusion avec l’exercice des prérogatives réservées aux agents diplomatiques et
consulaires en application des Conventions de Vienne ».
Asile européen : la protection accordée aux criminels de Daech plutôt qu’aux chrétiens persécutés
7670. − 12 février 2026. − Mme Valérie Boyer attire l’attention de M. le ministre de l’Europe et des affaires
étrangères sur les conclusions alarmantes d’un rapport récent de l’Agence de l’Union européenne pour l’asile
concernant l’examen des demandes d’asile en provenance de Syrie. Ce rapport conduit à considérer que des
personnes ayant appartenu ou été liées à l’organisation terroriste État islamique (Daech) disposeraient, par
principe, d’une crainte fondée de persécution justifiant l’octroi d’une protection internationale, tandis que les
chrétiens syriens, pourtant victimes avérées de persécutions systématiques en raison de leur foi, ne verraient leur
situation reconnue que de manière exceptionnelle. Or, Daech s’est rendu coupable de crimes d’une gravité
extrême : massacres de civils, exécutions publiques, viols, esclavage sexuel, destructions de lieux de culte,
nettoyages ethniques et religieux, actes qualifiés de crimes contre l’humanité et de génocide par de nombreuses
instances internationales. Sans oublier les actes de terrorisme dans notre pays comme dans de nombreux pays
européens. Elle rappelle que les chrétiens de Syrie ont été parmi les premières victimes de ces exactions, contraints
à l’exil, spoliés de leurs biens, marqués par des menaces de mort ou soumis à une violence systématique
uniquement en raison de leur appartenance religieuse. Dans ces conditions, elle s’interroge de nouveau sur une
doctrine européenne qui, après avoir mis en avant des petites filles voilées, semble accorder une reconnaissance
prioritaire au risque encouru par d’anciens membres ou soutiens d’une organisation terroriste, tout en minimisant
la situation de populations civiles innocentes, ciblées précisément parce qu’elles n’étaient ni armées, ni
combattantes, ni idéologiquement engagées. Elle demande au Gouvernement s’il accepte que le droit d’asile
européen en vienne à placer, dans la hiérarchie de la protection, des auteurs ou complices potentiels de crimes
terroristes au-dessus de victimes identifiées de persécutions religieuses, quelles actions concrètes la France entend
mener pour faire réviser ces orientations au niveau européen et enfin quelles garanties il peut apporter pour que la
politique d’asile reste fidèle à sa finalité première : protéger les persécutés et non offrir une protection privilégiée à
ceux qui ont participé, directement ou indirectement, à l’une des pires organisations criminelles et barbares de ces
dernières années.
Réponse. − Dans les conditions fixées par le règlement européen no 2021/2303 du 15 décembre 2021, l’Agence de
l’Union européenne pour l’asile (EUAA) contribue à assurer l’application efficace et uniforme du droit de l’Union
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