SÉNAT
4 JUIN 2026
cession. En revanche, après le décès du fondateur, les héritiers sont tenus de respecter les stipulations du contrat
ainsi que la destination familiale de la concession. Dès lors, ils ne peuvent légalement formuler une demande de
rétrocession à la commune, une telle démarche étant susceptible de méconnaître la volonté du fondateur de la
sépulture. Toutefois, le droit en vigueur offre aux communes des outils permettant d’assurer une gestion adaptée
de leur domaine funéraire. Ainsi, les concessions en état d’abandon peuvent être reprises dans les conditions
prévues aux articles L. 2223-17 et suivants du CGCT, à l’issue d’une procédure strictement encadrée. De même,
les concessions temporaires non renouvelées peuvent être reprises dans un délai de deux ans suivant leur
expiration, conformément à l’article L. 2223-15 du même code. Ces dispositifs permettent de répondre, dans une
large mesure, aux difficultés liées à la rareté des emplacements dans les cimetières communaux, tout en garantissant
le respect dû aux défunts et à la volonté des familles. Dans ces conditions, et au regard de l’équilibre actuel du
droit funéraire, le Gouvernement n’envisage pas, à ce stade, de modifier les dispositions applicables en matière de
rétrocession des concessions funéraires par les héritiers.
2. Réponses des ministres
aux questions écrites
Nouvelles modalités de répartition de la dotation globale de fonctionnement pour l’année 2026
8120. − 26 mars 2026. − M. Stéphane Demilly attire l’attention de Mme la ministre de l’aménagement du
territoire et de la décentralisation sur les conséquences pour les communes, et en particulier pour les petites
communes rurales, des nouvelles modalités de répartition interne de la dotation globale de fonctionnement (DGF)
pour l’année 2026. La DGF destinée aux communes et aux établissements publics de coopération intercommunale
(EPCI) est maintenue à hauteur de 27,4 milliards d’euros pour 2026. Toutefois, au sein de cette enveloppe globale
inchangée, il est nécessaire de financer plusieurs hausses prévues par la loi, notamment l’augmentation de la
dotation de solidarité rurale (DSR) et de la dotation de solidarité urbaine (DSU), chacune majorée de 150
millions d’euros, ainsi que la progression de la dotation d’intercommunalité et les besoins liés à la croissance
démographique. Au total, ce sont ainsi 416 millions d’euros qui doivent être dégagés au sein d’une enveloppe
budgétaire pourtant figée. Après la contribution directe des intercommunalités à hauteur de 90 millions d’euros, le
solde devait initialement être réparti entre communes et EPCI selon une clé de répartition de 60 % pour les
communes et 40 % pour les intercommunalités. Or, le comité des finances locales a décidé de modifier cette clé
pour l’exercice 2026, en portant la contribution des communes à 80 %, contre 20 % pour les intercommunalités.
Cette évolution suscite une vive inquiétude parmi les élus locaux. Nombre de maires de petites communes
redoutent en effet que ce mécanisme ne conduise à accroître leur contribution au financement de dispositifs de
solidarité, alors même que leurs marges budgétaires demeurent particulièrement contraintes. Dans un contexte où
la DGF n’est pas indexée sur l’inflation et où les charges pesant sur les communes continuent d’augmenter,
certains élus craignent que ce système d’écrêtement ne se traduise par une diminution supplémentaire de leurs
dotations de base. Au-delà de ses effets financiers immédiats, cette évolution est également perçue comme un
nouveau signal fragilisant le modèle communal français et la capacité d’action des petites communes, déjà
confrontées à de nombreuses contraintes administratives et budgétaires. Dans ce contexte, il lui demande quelles
mesures le Gouvernement entend prendre afin de garantir que l’évolution des règles de financement des dotations
de solidarité ne se traduise pas par un affaiblissement supplémentaire des ressources des petites communes rurales.
Réponse. − Depuis plusieurs années, le législateur a choisi d’accroître, au sein de la DGF, les composantes dites
« péréquatrices » en cohérence avec l’objectif constitutionnel de péréquation entre collectivités inscrit à l’article 722 de la Constitution. L’année 2026 sera ainsi marquée par une hausse de la péréquation communale,
intercommunale et départementale identique à celle mise en oeuvre en 2025 (+ 300 Meuros). Cependant,
contrairement à l’année précédente, en 2026, le financement de ces hausses ne sera pas assuré par l’Etat (pour
mémoire, entre 2023 et 2025, la DGF avait été abondée de 790 Meuros supplémentaires par l’Etat). La hausse de
la péréquation sera exclusivement financée par redéploiements internes, depuis la dotation forfaitaire des
communes, la dotation de compensation des EPCI à fiscalité propre et la dotation forfaitaire des départements
selon une clé de partage adoptée par le Comité des finances locales. Cette clé, adoptée par le CFL lors de la séance
du 24 février 2026, fait porter à hauteur de 20% sur la dotation de compensation des EPCI et de 80% sur la
dotation forfaitaire des communes le financement de la hausse de péréquation, contre une répartition
respectivement à 40 % et 60 % les années précédentes. Le Comité des finances locales a notamment souhaité tenir
compte du vote du Sénat qui a exonéré les communes mais pas les EPCI de toute contribution au dispositif de
lissage conjoncturel des finances locales (DILICO). Cette décision se traduit par une hausse importante du
montant total à financer par écrêtement de la dotation forfaitaire (environ 261 Meuros en 2026, contre 114
Meuros en 2025 et 25 Meuros en 2024). En revanche, la hausse de la péréquation communale bénéficiera à
l’ensemble des communes éligibles à la DSU à hauteur de 150Meuros pour la DSU) et à la DSR (à hauteur de
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