1. Questions écrites
SÉNAT
4 JUIN 2026
automatique à une activité exercée uniquement sur le temps « privé » (partiel ou de repos), déclarée, fiscalisée, sans
utilisation des moyens publics, sans trouble démontré et sans conflit d’intérêts établi. Aujourd’hui, dans un
contexte de tension des finances publiques et de contraintes fortes pesant sur la progression des salaires des agents
publics, beaucoup d’agents font face à des charges lourdes (logement, énergie, alimentation, frais familiaux, coût
de la vie) et pour certains, un complément de revenu peut devenir nécessaire à l’équilibre du foyer. Ne serait-il pas
temps d’ouvrir une réflexion sur l’évolution de notre réglementation avec la mise en place d’une liberté, encadrée,
pour celles et ceux qui, volontairement, souhaitent exercer une activité complémentaire sur leur temps personnel ?
Qui plus est quand elle participe aussi à la solidarité nationale : cotisations, impôts, parfois taxe sur la valeur
ajoutée (TVA) selon les situations et activité économique locale. Le paradoxe est là : l’agent qui respecte la loi,
déclare son activité, paie ses charges et demande une autorisation peut se retrouver bloqué par une liste fermée,
alors même que son employeur pourrait apprécier concrètement la situation. Maintenir un cadre trop rigide ne
protège pas mieux le service public. Cela peut au contraire fragiliser certains agents, les priver d’un revenu
complémentaire légal, ou les pousser à quitter la fonction publique pour une activité qui aurait pourtant pu rester
compatible avec leurs missions. Un cadre plus clair, plus juste et plus individualisé permettrait au contraire de
sécuriser les agents comme les employeurs publics. Il permettrait aussi d’éviter les situations opaques, en
encourageant les démarches déclarées, contrôlées et encadrées. Cette réflexion avait d’ailleurs déjà été ouverte au
sein du Gouvernement. Dans une réponse publiée le 17 juin 2025 à la question écrite no 3294, il a été indiqué que
la direction générale de l’administration et de la fonction publique avait été saisie, à la demande du ministre de
l’action publique, de la fonction publique et de la simplification, afin d’examiner les perspectives d’évolution
possibles du régime de cumul d’activités. Plus récemment, deux réponses gouvernementales (questions écrites
no 12180 et no 12432) ont confirmé que la difficulté demeure. Ces réponses rappellent le droit existant, mais elles
ne règlent pas la vraie question : le caractère trop fermé de la liste des activités accessoires autorisables. Aussi, il
souhaite savoir si le Gouvernement entend engager une réflexion plus approfondie sur l’assouplissement du régime
du cumul d’activités.
Réduction de l’allocation compensatrice liée à la division par deux des valeurs locatives des
établissements industriels - garanties de stabilité et perspectives de révision
9007. − 4 juin 2026. − M. Pierre-Alain Roiron attire l’attention de M. le ministre de l’action et des comptes
publics sur la minoration, en loi de finances pour 2026, du prélèvement sur recettes (PSR) compensant la
réduction des valeurs locatives industrielles. Depuis la loi de finances pour 2021, les valeurs locatives des
établissements industriels ont été divisées par deux pour le calcul de la taxe foncière sur les propriétés bâties
(TFPB) et de la cotisation foncière des entreprises (CFE), moyennant la promesse d’une compensation « intégrale
et pérenne » des pertes de recettes, adossée à un PSR dynamique. Ce PSR est ainsi passé de 3,3 milliards d’euros en
2021 à 4,3 milliards d’euros en 2025, avec une trajectoire à 4,7 milliards d’euros pour 2026. L’article 129 de la loi
de finances pour 2026 applique désormais un coefficient de minoration de 19,3 % (0,807) aux allocations
compensatrices de TFPB et de CFE, ramenant le PSR à environ 3,5 milliards d’euros. Si la perte de chaque
collectivité est plafonnée à 2 % de ses recettes réelles de fonctionnement 2024, la plupart subiront la minoration
complète, pour une perte globale estimée à 307 millions d’euros pour les seuls établissements publics de
coopération intercommunale (EPCI). Cette mesure rompt l’engagement de « compensation intégrale et
dynamique » rappelé en novembre 2025 par le sénateur David Margueritte et le ministre lui même, qui a reconnu
que « si le principe de la compensation est entièrement maintenu, cette mesure se comprend dans un contexte
général d’ajustement budgétaire ». La réalité concrète de cette minoration est particulièrement lisible en Indre-etLoire. Selon l’annexe de répartition de la compensation locaux industriels 2025 publiée par la direction générale
des collectivités locales (DGCL), la commune de Tours percevait au titre de cette compensation un montant net
de 103 652,60 euros en 2025. L’application du coefficient de 0,807 se traduit pour elle par une perte directe
d’environ 20 000 euros dès 2026, sans que la collectivité dispose d’aucun levier pour y remédier. Au-delà de
Tours, le département compte plusieurs communes à fort tissu industriel exposées à la même minoration : SaintPierre-des-Corps, premier pôle industriel du département, Joué-lès-Tours, Chambray-lès-Tours, Loches, Chinon
et Savigny-en-Véron dans le secteur nucléaire, ou encore Sorigny. Cette mesure revêt, de surcroît, un caractère
paradoxal au regard de l’objectif de réindustrialisation, dans la mesure où les communes et les intercommunalités
les plus investies dans l’accueil d’établissements industriels, qui ont déjà consenti d’importantes pertes de recettes
depuis 2021, se trouvent aujourd’hui les plus durement touchées, certaines voyant leurs recettes réelles de
fonctionnement (RRF) amputées « dans des proportions insoutenables, parfois proches de 20 % ». Enfin, l’article
129 ne prévoit ni clause de revoyure, ni mécanisme d’indexation résiduelle, ni dispositif de plancher. Le coefficient
de 0,807 s’applique « à compter de 2026 » sans horizon de révision, ce qui prive les collectivités de toute visibilité
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