SÉNAT
4 JUIN 2026
vis de la Commission internationale de l’état civil, dont la France s’est retirée en 2019, comme plusieurs autres
pays (Allemagne, Italie, Portugal, Pays-Bas et la Pologne). Celle-ci ne compte plus que cinq pays (Belgique,
Espagne, Luxembourg, Suisse et Turquie) et son utilité a sensiblement diminué avec les progrès réalisés en matière
de coopération dans le domaine de l’état civil dans le cadre de l’Union européenne. S’agissant du refus de certains
services du « registro central » dans certaines communautés autonomes ou du juge de paix dans certains villages, en
particulier dans la province d’Alicante ou dans les Canaries, de viser le formulaire en français fourni par les caisses
de retraite françaises, considérant seuls valides les certificats sous le format retenu par la Convention no 27 du
10 septembre 1998 relative à la délivrance des certificats de vie, qui sont quant à eux refusés par certaines caisses de
retraite françaises, les échanges seront poursuivis avec les autorités espagnoles d’une part (ministère de la Justice,
qui exerce la tutelle des bureaux de registro civil, et ministère des affaires étrangères) et avec le GIP Union Retraite
d’autre part, afin d’examiner les possibilités de remédier à cette situation.
2. Réponses des ministres
aux questions écrites
Traitement de ressortissants français en Algérie et respect des engagements internationaux
7268. − 15 janvier 2026. − Mme Valérie Boyer attire l’attention de M. le ministre de l’Europe et des affaires
étrangères sur les conditions dans lesquelles deux ressortissants français, créateurs de contenus audiovisuels
diffusant leurs productions sur les plateformes numériques, ont été interpellés, privés temporairement de liberté
puis expulsés d’Algérie en décembre 2025. D’après les éléments rendus publics par les intéressés, ceux-ci auraient
été appréhendés par des individus en civil, conduits vers un site non identifié, soumis à plusieurs heures
d’interrogatoires, privés de leurs effets personnels et de leur matériel de travail, placés sous surveillance, puis
reconduits vers la France sans notification claire et juridiquement motivée des raisons de leur expulsion. Ils font
également état d’une forte détresse psychologique liée à l’absence d’informations sur leur statut et à l’incertitude
entourant leur situation administrative. De tels faits, s’ils sont avérés, soulèvent de graves interrogations quant au
respect des droits et libertés fondamentaux garantis par le droit international, notamment le droit à la liberté et à la
sûreté de la personne, l’interdiction des détentions arbitraires, le droit à l’information sur les motifs d’une mesure
privative de liberté, le droit à un traitement digne et humain, ainsi que le droit à une protection consulaire
effective. Elle rappelle à cet égard que l’Algérie est partie à plusieurs instruments internationaux contraignants,
notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), qui garantit notamment à l’article
9 la protection contre les détentions arbitraires, le droit à l’information sur les motifs d’une arrestation et le respect
des garanties procédurales. Elle est également partie à la Convention contre la torture et à la Charte africaine des
droits de l’homme et des peuples, qui consacre notamment le respect de la dignité humaine, le droit à la liberté et
la protection contre les arrestations arbitraires. Elle rappelle également que la Convention de Vienne sur les
relations consulaires du 24 avril 1963 impose aux États l’obligation d’informer sans délai les ressortissants étrangers
de leur droit à communiquer avec les autorités consulaires de leur pays et d’en garantir l’exercice effectif. Cette
affaire s’inscrit par ailleurs dans un contexte de tensions diplomatiques persistantes et d’atteintes répétées aux
intérêts, aux ressortissants et à l’image de la France, appelant une vigilance accrue et une réponse ferme des
autorités françaises face à toute pratique contraire aux principes de l’État de droit et aux engagements
internationaux. Dans ce contexte, elle souhaite connaître les informations dont dispose le Gouvernement sur les
fondements juridiques précis invoqués par les autorités algériennes pour justifier ces mesures, sur leurs conditions
de mise en oeuvre, ainsi que sur leur compatibilité avec les engagements internationaux précités. Elle l’interroge
également sur la date à laquelle les autorités françaises ont été informées de cette situation, sur les démarches
entreprises par les services diplomatiques et consulaires pour assurer la protection de ces ressortissants, et sur la
nature exacte de l’assistance qui leur a été proposée ou effectivement fournie. Elle souhaite enfin savoir si le
Gouvernement entend rappeler avec fermeté aux autorités algériennes leurs obligations découlant du droit
international en matière de respect des libertés fondamentales, de garanties procédurales, de proportionnalité des
mesures administratives et de dignité des personnes, et s’il envisage d’adapter sa doctrine de protection consulaire
ainsi que ses recommandations à destination des ressortissants français se rendant dans des États où les risques
d’atteintes aux droits fondamentaux sont manifestes.
Réponse. − Le ministère de l’Europe et des affaires étrangères (MEAE) est très attentif à la situation des
ressortissants français détenus en Algérie et exerce à leur bénéfice et à leur demande la protection consulaire prévue
par la convention de Vienne sur les relations consulaires du 24 avril 1963 ainsi que par la convention consulaire
franco-algérienne du 24 mai 1974. Le MEAE déplore cependant que l’accès consulaire à nos ressortissants détenus
soit particulièrement difficile à obtenir en Algérie. En effet, celui-ci n’est généralement pas accordé avant plusieurs
mois et après de multiples relances. Dans le cas particulier des deux créateurs de contenus sur les réseaux sociaux
interpellés le 7 avril 2025, privés temporairement de liberté puis expulsés d’Algérie le 10 avril 2025, le contact n’a
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